Poème urbain

Publié le par Anselme Hubert

  

    Notre charmante association se réunit quelques fois, pour discuter de textes et d'autres. Cette petite réunion hebdomadaire - cette causerie au coin du café - a l'orgueil de se nommer “club d'écriture” et tient à remercier un de ces membres, actif et honorable, qui nous donne l'heureuse autorisation de publier ce petit bijoux de poésie.

 

 

Les fleurs de métro

      

Presque par erreur entre les failles

Des tunnels des travées

Elles ont poussé

Les machines y passent et emportent au passage

Ceux qui se jettent sur la voie

Parfois entre deux stations la lumière électrique sur les

-Inter-Styx fleuris-

Là où c' est fréquenté elles jaillissent

Toujours presqu' écloses et jamais fanées

Les fleurs de métro

On passe dessus on ne les écrase pas

Parfois sur le quai on entend

Bruisser les fleurs de métro

Elles sont trop nombreuses et trop grandes pour rester au loin

Elles vont surgir

Au lieu de quoi c' est la rame qui passe, la rame de métro

Au loin elle bruissait elle gronde tout près elle bruisse au loin

Mais ça ne bruisse pas ça ne fleurit pas ça passe

ça passe juste ça fait du bruit et ça clinque

Bien sur ça  ne glisse pas ça crisse ça rame

ça rame de métro -ah ah ah-

Aaaaaah

 

Aaa

Font les bouches de métro, aaa

Les bouches entre elles

S' embrassent à pleines rames

A pleines ramées

ça fleurit sur les vitres comme un givre

Dans les tunnels les souterrains qu' on oublie

Peut-être un sourire dans le reflet

Qui court le long des voies

Un jour elles fleuriront

Les machines les mécanismes de toutes sortes

Les rames et les quais fleuriront aussi

Et sans lumière

Et elles jailliront des bouches de métro

Et leur torrent sera moins gris que le soleil

Sans racines nécessaires et bien au-delà

Des banlieues des zones des terminus

Des rives et bien au-delà

Et leur bouquet sera moins triste

Que toutes les lumières de la ville que tous les soleils

Que tout ce qui peut luire

Et les étoiles pucerons n'y pourront rien

Ni les soleils les incendies

A l'ombre des fleurs de métro il n'y aura plus d'ombre

Mais d'autres lumières.

C'est le contrôleur qui va être surpris !

 

Anselme Hubert

 

Publicité

Publié dans Atelier écriture

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article