Poème urbain
Notre charmante association se réunit quelques fois, pour discuter de textes et d'autres. Cette petite réunion hebdomadaire - cette causerie au coin du café - a l'orgueil de se nommer “club d'écriture” et tient à remercier un de ces membres, actif et honorable, qui nous donne l'heureuse autorisation de publier ce petit bijoux de poésie.
Les fleurs de métro
Presque par erreur entre les failles
Des tunnels des travées
Elles ont poussé
Les machines y passent et emportent au passage
Ceux qui se jettent sur la voie
Parfois entre deux stations la lumière électrique sur les
-Inter-Styx fleuris-
Là où c' est fréquenté elles jaillissent
Toujours presqu' écloses et jamais fanées
Les fleurs de métro
On passe dessus on ne les écrase pas
Parfois sur le quai on entend
Bruisser les fleurs de métro
Elles sont trop nombreuses et trop grandes pour rester au loin
Elles vont surgir
Au lieu de quoi c' est la rame qui passe, la rame de métro
Au loin elle bruissait elle gronde tout près elle bruisse au loin
Mais ça ne bruisse pas ça ne fleurit pas ça passe
ça passe juste ça fait du bruit et ça clinque
Bien sur ça ne glisse pas ça crisse ça rame
ça rame de métro -ah ah ah-
Aaaaaah
Aaa
Font les bouches de métro, aaa
Les bouches entre elles
S' embrassent à pleines rames
A pleines ramées
ça fleurit sur les vitres comme un givre
Dans les tunnels les souterrains qu' on oublie
Peut-être un sourire dans le reflet
Qui court le long des voies
Un jour elles fleuriront
Les machines les mécanismes de toutes sortes
Les rames et les quais fleuriront aussi
Et sans lumière
Et elles jailliront des bouches de métro
Et leur torrent sera moins gris que le soleil
Sans racines nécessaires et bien au-delà
Des banlieues des zones des terminus
Des rives et bien au-delà
Et leur bouquet sera moins triste
Que toutes les lumières de la ville que tous les soleils
Que tout ce qui peut luire
Et les étoiles pucerons n'y pourront rien
Ni les soleils les incendies
A l'ombre des fleurs de métro il n'y aura plus d'ombre
Mais d'autres lumières.
C'est le contrôleur qui va être surpris !
Anselme Hubert