Rubrique nécrologique

Publié le par Angua

La mort de Renaud

          
Qui ne connaît pas ce célèbre proverbe: « En mars, souviens-toi de ceux qui n'ont pas passé l'hiver » ? Aussi, en ce triste et pluvieux mois de mars, surtout très pluvieux, je me devais de rappeler à votre mémoire la disparition d'un grand auteur-compositeur-interprète, Renaud.

 

 

 

           Ces derniers mois, que dis-je, ces dernières années ont été un enfer pour les fans de Renaud... En effet, ils ont pu, malgré sa disparition, voir son image partout et régulièrement, dans des pseudo-émissions "culturelles", télé-variétés (je m'interroge toujours sur se situe la variété... ? Si quelqu'un a la réponse...) ou encore dans d'autres magazines boat-people... (prononcer "bo-at pipolll"... c'est plus "in"... misère de misère !)


           Bref, on le voit partout, tout le temps et plus que jamais, accompagné ou non de sa blonde fadasse (à qui il a réussi à faire chanter une berceuse et qui l'aurait soit disant aidé à arrêter de boire...)

 


Sauf que voilà, à force de ne plus boire, Renaud est mort de soif

et nous laisse sur notre faim !

 


           Car, en vérité, je vous le dis, ce n'est pas lui que nous voyons sur nos écrans, pages, ce n'est pas lui, hélas, que nous entendons !
        Non, c'est son frère jumeau ! Car beaucoup l'ignorent (et peu le savent), mais Renaud Séchan avait un frère jumeau, David, né des mêmes parents en mai 1952 à peu près en même temps que lui ! Replongeons nous dans cette épopée formidable, digne d'Homère lui même (Simpson, bien sûr), que fut sa vie, avant qu'il ne nous quitte si brutalement...


            ...


           Renaud Séchan naquit le 11 mai 1952, portant ainsi à 5 le nombre d'enfants dans la famille... Du moins jusqu'à la naissance d'une petite soeur (qui, précisons le pour ceux d'entre nous qui sont moins doués en maths, sera donc la sixième enfant). Le petit Renaud grandit à Paris sous l'égide d'un père socialo-anarcho-sûrement-un-autre-truc-de-l'époquo, écrivain et à ses heures perdues enseignant.

 

            Son enfance est marquée par son indifférence scolaire pour tout ce qui n'est pas artistique ou littéraire. En bref, la biologie cellulaire le passionnait moins que La Boétie et l'obligea à ne pas poursuivre ses études, d'autant plus qu'il était indiscipliné. On ne peut pas apprécier la poésie sans se faire sonner !

 

           Bien évidemment, Renaud participa à la révolution sociale de 1968 lors de laquelle il écrivit sa première chanson « Crève, salope ! » dont le titre évocateur nous laisse deviner l'héritage poétique dont il s'est inspiré... De petits boulots en petits boulots, Renaud s'achète une moto et par la force du hasard qui façonne le fatal destin, il rencontre Patrick Deweare qui lui ouvre les portes du théâtre.

Ainsi, le voici pour quelques mois, au Café de la gare, nom quasi prophétique...


            Puis, c'est le début des années 70. Renaud se met en voix. Avec Bruant (pour ceux qui ne connaissent pas, il  y a un arrêt de bus qui porte son nom...) comme étendard de son répertoire, ses propres compositions sont déjà de petites grenades. Renaud a soif de reconnaissance et des choses à dire, ses petits verres... euh, vers, l'amènent au Café Conc avant de lui faire signer son premier contrat en 1975 avec son album Amoureux de Paname parmi lesquels cet hymne quasi-national (bon, pas tellement en ce moment, vu le temps qu'il fait...) « Marche à l'ombre ».

            ...

 

         

          Petit Renaud deviendra grand ; dans les années 80, Renaud fait salle comble, aide un jeune label de son nom, milite pour l’Éthiopie et sort Mistral gagnant (l’album de la maturité, sans doute ?)


          D’hommage en hommage (Coluche, ses racines ch’timi, Brassens...), il devient celui qui fait référence dans tous les sens du terme.

 

          Il est au sommet de la gloire, mais en 2001, c’est le drame. Il disparaît dans des conditions mystérieuses et encore non-élucidées (contrairement aux conditions météo).

 

 

On reconnaît le bonheur, parait-il,

au bruit qu’il fait quand il s’en va

 

 

             Cette œuvre posthume sonne en écho à sa tragique disparition. Cette année-là, on l’entendit partout, comme un ultime hommage au chanteur argotique.

 

          La preuve en sont les propos inouïs, incroyables et indécents tenus par ledit individu lors des victoires de la musique 2002 (vous savez, ce truc où on invite des chanteurs et où, sous leurs nez incrédules, on récompense ceux qui font du bruit…)

 

           A l’heure où je vous parle (le 3 mars à 17 heures, trente-trois minutes quarante seconde et 8 dixièmes exactement), l’usurpateur de Renaud a été aperçu à Londres. Sans doute tente-t-il d’échapper à la vindicte des admirateurs du feu-chanteur…

 

           Sachez le, son nom va être réutilisé, autant dire souillé, sa mort cachée, puis niée, son identité usurpée et son talent jamais égalé.

 

 

 

 

 

Oui, on sait, normalement on ne doit pas tirer sur une ambulance,

mais c'est plus fort que nous, une croix rouge pareille avec des sirène pour

la faire remarquer, ça ressemble quand même franchement à

une cible, non ?





Angua

article du mois de mars 2008
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Publié dans Journal

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