Le quart d'heure artistique

Publié le par Cizart

Un-erased De Kooning

 


Kooning. De Kooning. Malgré son décès le 19 mars 1997, son nom retentit encore aujourd’hui avec force, spontanéité, audace dans le monde de l’art contemporain, le geste toujours vibrant sur les toiles et l’homme encore bien vivant dans les esprits.

 


Qui était De Kooning ?

 


          Willem [de] Kooning (Rotterdam, 24 avril 1904, East Hampton, 19 mars 1997) est un peintre néerlandais naturalisé américain.

              Son père était négociant en vin, tandis que sa mère tenait un bar dans le quartier du port de Rotterdam. Il suit une formation à l’école des Arts et Techniques de la ville puis la poursuit à Bruxelles.

 

             À 21 ans, en 1926, il s’embarque clandestinement pour les États-unis. Il s’installe à New-York où il vit de petits boulots. Il découvre Greenwich Village, le quartier des artistes. Il se lie avec les premiers peintres abstraits américains et décide en 1935 de se consacrer entièrement à la peinture. En 1937, il ajoute une particule à son nom pour le rendre plus accrocheur.

              Il fait la connaissance d’Arshile Gorky avec qui il va partager un atelier en 1947 et comme lui, s’intéresse aussi bien à l’abstraction qu’à la figuration. Grâce à ses conseils, De Kooning « apprend à garder une forme plate tout en donnant l’idée d’un volume ». Ils sont tous deux inspirés par Miró et Picasso.

 

              De Kooning refuse catégoriquement toute affiliation à un mouvement d’art car selon ses dires : « le style est une supercherie […] C’était une idée affreuse de chercher, comme Van Doesburg ou Mondrian, à produire, de toute pièce, un style ».

               Il est affilié cependant au courant de l’expressionnisme abstrait.

 

               En avril 1948, il expose pour la première fois seul. En 1950 il lance une série sur les femmes intitulée Women, représentant notamment Marilyn Monroe, suivie d’une série sur les Noirs aux États-unis. On commence à parler du « rose De Kooning ».

                En 1961, il s’installe dans un grand atelier à East Hampton.

 

                En 1989, il est atteint par la maladie d’Alzheimer et meurt à 92 ans en 1997.

 


Actuellement, il  fait partie des peintres contemporains les plus cotés

et l’un des plus chers au monde...



 

 

Woman

 

 

              C'est bien contre son avis - « Nous nommer serait catastrophique » disait-il - que lui et la génération de jeunes artistes américains des années 50-60 furent poursuivit par l’appellation d' "Expressionnisme Abstrait". Le critique d’art Harold Rosenberg le considérait comme le peintre gestuel par excellence. Ses coups de brosses était bruts et inachevés, et bien qu’il n’exclue pas totalement la figure humaine, la représentation disparaît, le sujet aussi.


« Abstraire, ou supprimer des éléments, réduire la peinture ne m’intéresse pas » concédait-il.

« Je peins ainsi parce que cela me permet d’introduire de plus en plus d’éléments :

la tragédie, la colère, la douleur, l’amour, une figure, un cheval, mes idées sur l’espace. » ¹

 

               Ennemi de toute doctrine, il enracinait son art dans l’expérience de l’immédiat de même que Pollock, Still ou encore Kline.


 

               C’est en 1953 que le jeune Rauschenberg demande à De Kooning un de ses dessins qu’il se propose d’effacer. C’est ce qu’il fait, prédisant il y a plus d’un demi-siècle, non seulement que De Kooning, son dessin, son oeuvre, son nom, ne s’effaceraient pas si facilement, et qu’il subsisterait dans les multiples transformations de l’esthétique de l'artiste, une "image fantôme " dont la plus emblématique est intitulée « Erased De Kooning » .


                 De Kooning : un fondateur incontesté (sauf par lui-même ?), un homme à « Femmes et Bicyclettes » (1952-1953) avec cette série d’oeuvres qui vient défier la toute puissance de l’abstraction, un inspirateur protéiforme chez les artistes du Pop (Robert Raushenberg et Jasper John), des assemblages (Chamberlain, Stankiewicz)…

 

                  En 1958, à la question « Êtes-vous pour ou contre le passé ? », il répondit :

« Ils nous appellent drippers et barbouilleurs. Je ne crois pas que nos toiles actuelles soient violentes […] Être anti-traditionnel, c’est aussi ringard que d’être traditionnel. 2 »




 

 

1 Le Triomphe de l'art Américain, L'école de Nex-York, Tome 3, Irving Sandler, Edition Carré, 1991

 

2 "Is Today's Artist With or Against the Past ?", Magazine "Art News", N° de l'été 1958, p.27.

 

 

 


 


De Kooning en quelques mots :


« Le style est une supercherie

« Je ne peins pas avec des idées préconçues sur mon art. Je peins avec quelque chose de vécu.

Ça devient mon contenu. »

« L'art, me semble-t-il, ne m'a jamais apaisé ou purifié. 

J'ai toujours l'impression de me trouver plongé dans le mélodrame de la vulgarité. »






CizArt
article du mois de mars 2008
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Publié dans Journal

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